Biographie de Cheikh Abdoulahi Willane

Grand homme de Dieu et moukhadam de Baye Niass, Cheikh Abdoulahi Willane affectueusement appelé Cheikh Abdou Barhama par ses disciples, est le Fondateur de la fédération pour la lutte contre l’ignorance et la pauvreté.
Cheikh Abdoulahi Willane est né en 1944 dans le village de Ndougoubène situé à 5km au nord de la ville de Kaffrine. Il est issu de parents très respectés dans la zone, son père s’appelle Mame Aly Willane plus connu sous le nom d’Ali Fatou et sa mère, Mame Sokhna Ndao plus connu sous le nom de Sokhna Bodé.
Son oncle paternel du nom de Baba Willane fut le premier à l’initier à l’apprentissage du Saint Coran dans la maison familiale. C’est ensuite, qu’il fréquenta d’autres écoles coraniques jusqu’à maitriser le coran à jeune âge dans la narration de « warsh ».
Il voulut devenir un grand érudit des sciences islamiques. A cet effet, il se rendit à Niakhène où il fit quatre années, pour parfaire son apprentissage coranique et apprendre l’exégèse du coran. C’est par la suite, qu’il est allé à Saint Louis du Sénégal, l’un des centres d’études islamique les plus réputés de l’époque, où il s’intéressa à diverses disciplines, fréquentant ainsi différentes écoles. L’éminent et célèbre professeur Fall Khalil, l’enseigna les lois islamiques et la jurisprudence (Fikh). Le vénéré Serigne Dame Guèye Barack fut l’un de ses professeurs les plus distingués en grammaire, en conjugaison et en morphologie de la langue arabe.
Il profita de ce séjour pour parfaire son niveau en histoire et géographie, en astronomie, en théologie, en hadiths, à travers les livres et auprès d’autres maîtres. Il consacra toute son enfance et son adolescence à l’étude des sciences islamiques. C’est ce qui fait de lui, aujourd’hui, une école pour les débutants et une université pour les spécialistes. Actuellement, à Medina Baye Kaffrine, toutes les disciplines en sciences islamiques y sont enseignées.
Et, ce témoignage de Cheikh Mahi Ibrahima Niass, actuel khalif de la fayda tidjaniya suffit comme ample illustration : « vos paroles me font rouler comme une balle, quand vous parlez, je roule, je cours, je vole ». Juste pour magnifier la grandeur de son savoir qui est comme une eau douce dont on n’a jamais assez et de sa pédagogie sans commune mesure.

Informations générales

Authentification : Oustaz Mouhamad A Thiam, Oustaz Babacar NDAO, Oustaz Gora Top.

Authentificat : M. Cheikh M BARRY, Mlle Diarry Dembélé, M. Malick D Diouf, M. Aliou Minthé 

Les différents domaines dans lesquels les groupes constituants la fédération se concurrençaient à cette époque sont :

– Le respect des cotisations annuelles pour l’organisation de conférences religieuses ;

– L’entre aide dans le domaine de la santé, des travaux champêtres ;

– la construction de salles de classes ;

– Le nombre d’élèves inscrits au sein de l’institut franco-arabe de Médina Baye ;

– La prise en charge des enfants partis à la quête de la connaissance etc

Les résultats de ces concours étaient annoncés à l’occasion d’une nuit qui était dénommée nuit de Mame Astou Diankha, mère de Cheikh Ibrahima Niass. Ce nom a été donné par le premier imam de la mosquée de Médina Baye Kaffrine, Seydi Modou Bâ (que Dieu lui fasse miséricorde). A cette l’occasion, l’association des femmes mariées (Banat-al-fayda) récompensaient ses membres qui ont eu un comportement exemplaire envers leurs époux

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 Les compétitions des sections (Farhon) ont également commencé en 2007

Le classement était comme suit :

Le premier : faydoul Ahmadi,

Le deuxième : Rawdoul Mouhibine Gambie,

La troisième : Noudjomoul Khouda.

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Création de la fédération

Lorsque les ficelles du mouvement de Cheikh Abdou Barhma se sont élargies, atteignant plusieurs localités du Sénégal et même en dehors de celui-ci à savoir la Gambie, la Guinée Conakry et la Guinée Biseau, l’association a mis sur place la fédération pour la Lutte contre l’Ignorance et la Pauvreté. Cette dernière a permis à bon nombre de ses membres de trouver du travail par le biais de l’enseignement à travers les écoles que la fédération a construites et,
d’y scolariser leurs enfants. Elle a également mis en place des activités comme l’aide aux plus démunis (les veuves, les orphelins, les sans-abris, …), entrepris la lutte contre le chômage et incité les jeunes à être d’avantage aimants et respectueux envers leurs parents. Le Cheikh a créé cette fédération en 1997 et l’avait d’abord appelé Association des Adeptes de Cheikh Ibrahim. Puis, le bureau a été renouvelé le 21/11/2004, et par la même occasion, le nom a été changé en Fédération pour la Lutte contre l’Ignorance et la Pauvreté. Cette fédération compte aujourd’hui vingt (20) sections qui regroupent deux cent vingt-deux (222) associations.

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La fédération gambienne

Seydi Babacar Touré a été le premier président de cette fédération de dahira mais il fut remplacé très rapidement par Seydi Youssoupha Diakhaté. Ce dernier a été un président très dynamique et a accompli plusieurs choses.
A cette époque il fut le premier à bâtir une classe pour les apprenants. Il a aussi acheté une voiture à Cheikh Abdou Barhama et a exhorté tous les disciples à travailler pour le cheikh.
Cette fédération a trois fois été vainqueur de la compétition organisée chaque année et qui concerne les fédérations de dahiras des différentes régions. En 2011 Cheikh Abdou Barhama remplaça Cheikh Youssoupha Diakhaté par Cheikh Abdoulaye Sow à la présidence de cette fédération. Parce que Cheikh Youssoupha Diakhaté avait commencé à voyager aux états unis et il y passait beaucoup de temps de ce fait il ne pouvait allier les deux activités. Cheikh Abdoulaye Sow fut le premier à recevoir Cheikh Abdou Barhama chez lui après en avoir discuté avec Baye Elhadji Guèye. Cheikh Abdoulaye Sow est aussi un président très débrouillard et dynamique car il a réussi à être vainqueur de la compétition des fédérations de dahiras à égalité de points avec la fédération Nouroul Bassar de Thiès en 2019. Il a aussi construit deux salles de classe et une tribune. En 2013, le Grand Gamou de la fédération a été délocalisé à Taïba Niassène Gambie, village crée par Cheikh Abdou Barhama. Cheikh Abdoulaye Sow demanda à Cheikh Abdou Barhama l’autorisation de faire le tafsir du Coran pendant le mois de ramadan ; ce qu’il lui accorda.

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Liste des dahiras (associations) créée par Cheikh Abdou Barhama à Daka

Parmi les dahiras nous pouvons citer : Dahira Noudjomoul Houda crée en 1998, dirigé d’abord par Seydi Adama Thiam ensuite par Seydi Mbaye Cissé. Dahira Grand Yoff dirigé par Seydi Talla Willane Dahira Keur Ndiaye Lô dirigé par Seydi Tafsir Diongue Dahira Sangalkam 1 dirigé par Seydi Hady Cissé Dahira sangalkam 2 dirigé par Seydi Babacar Ndao Dahira Sicap Mbao dirigé par Seydi Elhadji Ndao Dahira wildane dirigé par Seydi Modou Ndao Dahira parcelles dirigé par Seydi Dame Signane Dahira Keur Mbaye Fall 1 dirigé par Seydi Imam Ndao Dahira Keur Mbaye Fall 2 dirigé par Seydi Omar Sow
Dahira plan Jaxaay dirigé par Seydi Alioune Kane Dahira Ndiakhirate dirigé par Seydi Ibrahima Faye Dahira Niacourab dirigé par Seydi Ibrahima Signane Dahira Niague dirigé par Seydi Abdourahmane Cissé Dahira Kounoune dirigé par Elhadji Mbengue Dahira Keur Daouda Sarr dirigé par Seydi Maha Cissé Dahira ben Barack 1 dirigé par Seydi Adama Thiam Dahira ben Barack 2 dirigé par Seydi Saliou Cissé Dahira ben Barack 3 dirigé par Seydi Pape Dahira Ngor dirigé par Seydi Babacar Samb Dahira Noflaye dirigé par Seydi Mame Ngor Diop

Historiques des compétitions de 1990 à 2007

Rang ANNÉES
1990 1991 1992 1993
Premier Ikha Moukharabouna Ikha Maïmana Ikha Moukharabouna Ikha Mourshidina
Deuxième Ikha Youssra Ikha Moukharabouna Ikha Bouchra
Troisième Ikha Maïmanna Ikha Bouchra Ikha Rousdi
Quatrième Ikha Bouchra Ikha Youssra Ikha Maïmanna

Info rapide

Initiation à la fayda tidjianiya

Après avoir maitrisé toutes ces sciences, il se mit à la quête de la connaissance de la gnose divine, cette science qui ne se trouve pas dans les livres. C’est à cette époque que Cheikh Ibrahima Niass disait « Je suis celui qui détient le secret du noble prophète (psl) et personne ne vient à moi sans pour autant connaitre Allah, l’unique créateur ». Mais en ces temps, Cheikh Abdoulahi Willane était disciple d’un autre marabout en qui il croyait fermement et qui faisait partie de ceux qui détestaient Cheikh Ibrahima Niass. Certains marabouts de cette époque craignaient que la Fayda de Cheikh Ibrahima Niass, qui avait secoué le monde entier et son appel auquel les peuples du monde répondaient en masse, ne menace leur souveraineté et que leurs disciples veuillent y répondre. Ainsi certains d’entre eux exhortaient leurs disciples à haïr Cheikh Ibrahima Niass et le traitaient de tous les noms.
Cheikh Abdou Barhama raconta qu’un jour, voyageant par train, et lorsqu’il passait par la ville de Médina Baye, il entendit les passagers d’à côté dire : « voici la ville de Baye ainsi que sa mosquée », mais il détourna du regard. Parce qu’il ne voulait rien voir ni entendre de cet homme. Encore une fois à Kaolack, passant près de la tente, alors que Baye animait une causerie (Ziaara) à côté, Cheikh Abdoulahi Willane entendit Baye traduire le coran, sourate 26 Ash’Shu’ara (les poètes), verset 116 disant : « Tant que vous n’aurez pas fini avec vos pratiques, ô Noé, vous ne cesserez d’être parmi les opprimés ». A ces paroles, il s’est précipité de boucher ses oreilles avec ses doigts pour ne plus rien entendre. Et ce fut, le seul verset qu’il eut à entendre de l’interprétation du saint coran par Cheikh Ibrahim Niass de son vivant.
En ces temps, il était enseignant à Saint-Louis et avait un grand nombre d’étudiants venus à la quête du savoir, en raison de son éloquence dans ses enseignements et de la clarté de ses explications, en plus de sa grande capacité pédagogique. Cependant, il n’y a pas de jour où il ne concluait ses leçons avec un verset et/ou hadith qui contredit les enseignements de Cheikh Ibrahim Niass. Parmi les disciples, figurait un homme doté d’une grande sagesse spirituelle ; cet homme se nommait Djime Lô. Sur son visage, on remarquait facilement une éclatante lumière née de ses nombreuses invocations et prières faites sur le prophète Mohammad (psl), notamment le salatoul fatihi. Djime Lô lui disait constamment : « Oh Willane, j’aurais bien aimé que tu sois du nombre des gnostiques, j’aurais bien aimé que tu sois hanrif !». Et même un jour, il révéla avoir vu Cheikh Abdou Barhama entrer dans les plus hauts royaumes de Dieu (hadaratoul qods). Depuis ce jour, Cheikh Abdou n’avait cessé de penser à ces paroles de Djim Lô, aux
royaumes de Dieu et à la gnose divine. C’est devenu en lui un désir et il ne lisait plus que des livres de soufisme portant sur ce sujet jusqu’au jour où il tomba sur ces passages sur le tassawuf où l’auteur disait : « Un disciple se doit de choisir son maître, celui-ci doit le guider et l’éclairer sur un chemin aussi périlleux soit-il. Le maître doit être tel que sa simple vue, rappelle et rapproche le disciple de son Seigneur ». Ceci le fit réfléchir davantage sur la voie du soufisme et de la gnose divine. Cheikh Abdou se mit à demander alors où il pouvait rencontrer un tel guide qui ne serait pas Cheikh Ibrahim Niass. On lui indiqua un Cheikh qui se trouvait à Médina Gounass. Mais cette localité était très loin de Saint-Louis et il n’avait pas les moyens pour s’y rendre. Il pensa alors à faire des prières de consultation (listikhar) pour que Dieu l’éclaire sur cette personne qui devrait être son guide. Il a ainsi fait trois listikhars : Le premier listikhar : il a effectué des prières sur le prophète (50 salatoul fatihi), avec l’intention que Dieu lui révèle son maitre. Et dans son sommeil, il vu en rêve, Cheikh Ibrahim Niass assis dans une forêt avec un groupe de personnes qui était venu le voir et était sur le point de s’en aller. Cheikh Abdou s’adressa à Baye en lui disant : « je suis venu vers vous pour que vous m’éclairiez sur la voie des gnostiques ». Cheikh Ibrahim le lui redemanda trois fois et à chaque fois, il répondit par un oui, c’est bien cela l’objet de ma visite. Et Baye rajouta, il n’y a que toi qui es venu me solliciter sur ma mission. Mais quand Cheikh Abdou s’est réveillé, il s’exclama avec découragement : akh, Sidi Ibra s’il ne restait que lui je ne serai jamais guidé !
Le deuxième listikhar : comme lors du premier, il revit Cheikh Ibrahim cette fois ci dans une mosquée à Saint-Louis pour la prière du Maghrib. Baye se tenait devant la porte et appelait quiconque n’avait pas effectué la prière de venir le faire. Cheikh Abdou répondu qu’il n’avait pas encore prié. Ainsi, ils effectuèrent ensemble cette prière et quand ils eurent terminé, Cheikh Abdou demanda à Baye de l’initier à la Tarikha Tidjaniya ; ce que Baye lui accorda. Puis il lui demanda le dhikr pour la gnose divine cette fois ci, Baye lui répondit de le trouver à Kaolack pour qu’il puisse le lui donner. A son réveil, il refit la même réaction : akh, c’est encore Ibra Asta dans mon rêve !
Le troisième listikhar : il recita les mêmes prières que lors des deux premiers et vit de nouveau Baye dans son rêve. Cette fois ci, Cheikh Ibrahim se trouvait dans sa maison à Kossi (village situé aux encablure de Kaolack) et lui posait la question : « j’ai entendu dire que vous interprétez le Coran ? Cheikh Abdou répondit par, Alhamdoulillah (Dieu soit loué). Baye répliqua, celui qui ne connait pas son seigneur, ne sais pas ce que Alhamdoulillah signifie
réellement. Cheikh Abdou lui dit que c’était d’ailleurs pour cette raison qu’il lui est venu. Et dans ce rêve, Baye l’initia sur la voie de la manrifa (la connaissance de la gnose). A son réveil, il accepta cette vision, son désir grandissait, sa détermination s’intensifiait et pour la première fois, il éprouvait un grand amour pour Cheikh Ibrahim Niass. Partout où il regardait, paraissait une lumière dont il ne connaissait l’origine.
Il a consulté par la suite certains disciples du cheikh pour leur dire qu’il ne souhaitait être initié que par Cheikh Ibrahim Niass. Ils lui répondirent que le cheikh ne saurait le faire par lui-même car étant en pèlerinage à la Mecque, mais il le confierait à un de ses chefs religieux (moukhadams) comme Serigne Aliou Cissé. Mais Cheikh Abdoulahi Willane était impatient d’attendre le retour de Cheikh Ibrahim qui passait beaucoup de temps à la Mecque. Et même, comment pouvait-il attendre une heure de plus alors qu’à l’image d’un volcan, son désir était presque sur le point d’exploser, et que la pulsion de la connaissance le prive de sommeil ?
C’est ainsi qu’il demanda à son ami Taïb Bâ de lui rédiger une lettre à Cheikh Ibrahima Fall ; lettre qu’il emmena à Kaolack un vendredi soir espérant y trouver Cheikh Ibra Fall (Moukhadam de Baye Niass). Mais ce dernier se trouvait à Kossi. Après la prière du vendredi, Cheikh Abdoulahi se rendit à Kossi où il trouva Cheikh Ibra Fall assis en direction de la Kaaba. Il lui raconta toute l’histoire de ses prières de consultation (listikhar) et de ses rêves et Cheikh Ibra Fall lui dit : « je vais t’initier à la gnose divine mais quant à la Tidjaniya, Baye te l’a déjà accordé dans ton rêve et c’est une chose que je ne saurais renouveler ».
C’est ainsi que, le Cheikh Abdou Barhama entrepris la voie des gnostiques, dans le déluge de la fayda ibrahimienne après avoir longtemps nié et critiqué les enseignements de Cheikh Ibrahim Niass qu’il qualifiait d’insultants et vains.
Cheikh Abdou Barhama a terminé son initiation à la gnose divine en 1969 dans la matinée d’Achoura (le 10e jour du mois de mouharram) à Kossi auprès de son vénéré maitre Mame Cheikh Ibrahima Fall. Au terme de son initiation, il repartit à Saint-Louis. Après un certain temps, il se rendit à Dakar où il est resta un bon moment jusqu’en 1971, quand il décida de retourner au Saloum, sa terre d’origine. Il y commença l’enseignement arabe auprès de son oncle Cheikh Babou Top, puis en 1977, il s’installa définitivement à Kaffrine.

Les débuts de la fayda à Médina Baye Kaffrine

Cheikh Abdou Barhama était un enseignant confirmé, flexible, un pédagogue aimé par le grand public, notamment par ses élèves qui étaient ses amis. Ils ne pouvaient se séparer de lui
que quand il s’apprêtait à aller au lit. Son niveau de connaissance et sa pédagogie séduisaient les enfants avec qui, il passait beaucoup de temps, à l’image des compagnons du messager d’Allah au début de l’islam. Il leur parlait de la connaissance des gnoses, du monde métaphysique, ce qui a permis à beaucoup d’entre eux d’embrasser la connaissance divine. Parmi eux on peut citer : Oustaz Cheikh Dramé, Oustaz Ahmed Signane, Oustaz Omar Dramé, qui furent tous ses élèves. On se souvient aussi de Seydi Talla Diané, qui est le premier à avoir demander à Cheikh Abdou Barhama la Tarikha Tidjaniya. Il lui confia aussi de jamais l’oublier car disait-il : « je suis ton Aboubakrine Sadikh (premier compagnon du Prophète (psl)) ».
Tafsir Mor Diané Thiall fut le premier homme à être initié par Cheikh Abdou Barhama, il fut aussi le premier président du Dahira (association) que le cheikh avait fondé. Et du coté des femmes, Zeyda Yaye Fatou Bâ, épouse de son petit frère Seydi Malick Willane fut la première. Après ces deux initiés, on constatait un afflux d’hommes et de femmes, jeunes comme vieux, venus de divers horizons. L’éducation spirituelle, qu’ils recevaient du cheikh était telle qu’elle nous rappelait les compagnons du Prophète (psl) au début de l’islam.
Un peuple nouvellement convertit à l’islam a un jour entendu réciter les versets du coran, et s’est mis à pleurer et à gémir. Alors, Aboubakr (que Dieu soit satisfait de lui) leur dit : « C’est ainsi que nous étions au début de l’islam mais par la suite nous sommes devenus vieux ». Ceci reflétait également l’attitude qu’avait les jeunes initiés qui accompagnaient Cheikh Abdou Barhama au début de son implantation à Kaffrine. C’était un groupe composé d’hommes et de femmes, qui se regroupait que pour adorer leur Seigneur et non pour des futilités mondaines. Ils n’aimaient que la jurisprudence du soufisme, n’avaient pas d’exutoire entre eux pour un désaccord qui déchirait l’unité. Cela va de soi à dire qu’ils étaient un groupe soudé et uni. Ainsi, le degré de croyance et d’adoration des femmes envers leur Seigneur atteignaient un niveau spirituel à un point qu’elles étaient comparées aux hommes. Ils se voyaient très souvent pour formuler des prières à l’endroit du Prophète (psl), comme recommandé par notre Seigneur dans le coran à la sourate Al-Ahzab, verset 56. Ils se soutenaient moralement, intellectuellement et financièrement malgré leurs maigres moyens.
Ces propos d’Oustaz Babacar Ndao expliquent bien le degré d’unité et de solidarité dans cette communauté soufi. Il se rappelle un jour avoir eu la chance d’assister à une discussion entre Cheikh Abdou Barhama et feue Zeyda Ndeye Diané, l’épouse de Cheikh Birane Diagne. Elle
était venue témoigner la complicité qu’elle avait avec sa coépouse Zeyda Khady Diaw en disant : « Je suis venue aujourd’hui pour témoigner devant vous et devant Dieu que je remercie ma coépouse. En effet, notre époux est revenu d’un voyage et n’a apporté qu’un seul tissu, aucune de nous deux ne voulait prendre le cadeau et laisser l’autre. Nous sommes restées une semaine sans qu’aucune ne le prenne. C’est par la suite que notre époux est intervenu en nous disant si l’une d’entre vous ne prend pas le tissu, je sortirai pour le donner à celui qui voudrait le prendre. C’est ainsi que je l’ai pris».
Le groupe était solidaire à tel enseigne que personne ne voulait se procurer de quelque chose dont il est sûr que son voisin ou sa coépouse désirait. Cet acte de bienveillance nous rappelle, le comportement des compagnons du Prophète (psl), qui sont tous décédés de soif car aucun d’entre eux ne voulait boire le peu d’eau qui leur rester et laisser son voisin. Le Messager d’Allah (psl), leur enseignait toujours de considérer les musulmans comme étant un seul être, si une partie de ce dernier est souffrant, tout le corps le ressent.
Comme il a été également rapporté dans le livre d’Imam al-Boukhari : « Il fut un jour, un homme est venu rendre visite au Messager d’Allah (psl), il demanda à ses épouses est ce qu’il y’a à manger dans la maison, ses épouses répondirent non le vénéré Messager d’Allah. Ainsi, le Prophète (psl), se retourna vers les hommes de ‘‘Anṣār ad-Din’’ (les défenseurs de la religion) et leur demanda : qui est ce qui me prend en charge notre invité et Dieu le bénisse et lui accorde la paix ? Un homme parmi eux se leva et le conduisit chez lui, puis il demanda à son épouse de servir le diner. Cette dernière lui répondit, malheureusement, le repas que j’avais préparé est destiné aux enfants. Alors, son époux l’ordonna de faire dormir les enfants et de servir la nourriture. Par la même occasion il lui demanda d’éteindre la lampe, afin que l’invité du Messager de Dieu puisse bien manger.

Rêves et prédictions mystiques

Cheikh Abdou Barhama, nous raconte qu’un jour, il avait rêvé que le monde entier lui avait déclaré la guerre alors qu’il était à l’entrée de Keur Layène (un village qui se situe au Sud du département de Kaffrine). Quand la bataille s’est intensifiée et qu’ils n’arrivaient pas à le battre, Cheikh Abdou Barhama leur dit « je suis un des miracles de Seydi Cheikh Ahmed Tidiane (qu’Allah sanctifie son précieux secret) ». Et par la suite, il s’est envolé vers le ciel, et tous ses adversaires se sont émerveillés.
Une autre fois, il lui est apparu dans ses rêves Mawlaya Cheikh Ibrahima Niass (Baye), qui était venu à Ndougoubène, village natal de Cheikh Abdou Barhama. Quand il a décidé d’aller le voir, un groupe d’homme s’est mis devant la porte pour l’empêcher d’accéder à la chambre. Lorsque l’information fut rapportée à Baye, ce dernier appuya sur une alarme et le groupe se sépara pour laisser Cheikh Abdou Barhama entrer. Tous ces rêves représentent des faisceaux d’indices de certaines difficultés et obstacles auxquels le cheikh a été confronté sur le chemin de sa mission.

Les moments de difficulté

Ne vous étonnez pas si aujourd’hui vous voyez Cheikh Abdou Barhama dans une belle voiture, par ce qu’au début de sa mission il faisait du vélo pour aller répandre l’islam. Certes, aujourd’hui il mange à sa faim, mais savez-vous combien de nuits il s’est couché sans le moindre grain de mil ou de riz dans son ventre ? Les jours heureux étaient pour lui, les jours où il mangeait que du couscous avec de l’eau salée. Combien de fois nous l’avons entendu envoyer un de ses compagnons chez Seyda Loly Signane (une bonne voisine) pour demander du ‘‘Ndiékhou Mboom’’, sauce faite à base de feuille de Moringa. Il est évident que beaucoup de ceux qui apprécient la douceur de la datte ne connaissent pas l’amertume de la plantation.
Le chemin était plein d’obstacles, mais grâce à son courage, sa détermination, son amour pour l’islam et le désir de vouloir suivre les pas de son maître Cheikh Ibrahima Niass. Il a réussi à élargir l’œuvre du Prophète (psl) dans les coins les plus reculés du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée Conakry, zones dans lesquelles, l’islam était presque méconnu par la population. Ces multiples épreuves et péripéties révèlent que Cheikh Abdou Barhama a suivi les traces de ses pairs et idoles à savoir le Messager d’Allah (psl), Seydi Cheikh Ahmed Tidiane, Cheikh Ibrahima Niass (qu’Allah sanctifie leurs précieux secrets) et tant d’autres martyrs de l’islam.
Mais c’est dans les difficultés que l’on reconnait les véridiques. Parce que les difficultés font fuir les hypocrites. Alors que les véridiques rendent grâce à Dieu dans ces moments difficiles car ils savent que toute épreuve est suivie d’une bénédiction, et qu’après la pluie vient toujours le beau temps.
Dans ces moments difficiles il y avait toujours une voix qui disait au Cheikh et à ses compagnons « ne vous découragez pas, persévérez ; pensez-vous obtenir le paradis et les bienfaits de Dieu le tout puissant dans la facilité ? Pensez-vous atteindre les plus hautes stations divines et obtenir les secrets des grands soufis sans pour autant passer par les difficultés par lesquelles ils sont passés ? »
Les problèmes étaient récurrents à Médina Baye Kaffrine parce que Cheikh Abdou Barhama avait beaucoup de détracteurs qui ne ménageaient aucun effort pour le nuire. Certains de ses ennemies l’ont combattu de manière visibles, d’autres le faisaient dans l’ombre. Certains l’accusaient de choses qui n’étaient pas vrai pour le mettre en mal avec les autorités administratives ou avec la famille de Baye Niass. Parmi les injustices que Cheikh Abdou Barhama a subies on peut citer deux principaux événements :
Le premier est survenu à Kaffrine en 1979. Il concernait un jeune homme du nom de Djibril Cissé qui venait du village de Keur Malick Ndiaye pour prendre le « wird » Tidiane et faire la Tarbiya auprès du cheikh. A cette époque les disciples avaient l’habitude d’aller en forêt pour s’isoler du monde et pouvoir se recueillir pleinement.
Ainsi, Djibril Cissé se recueillait en forêt et revenait pour le déjeuner. Un jour un de ses parents vint demander après lui. Le Cheikh lui répondit que Djibril Cissé était bien là mais qu’il était dans la forêt ; il lui demanda de l’attendre parce qu’il reviendra à l’heure du déjeuner. Mais l’homme qui voulait apparemment ternir l’image de Cheikh Abdou Barhama, n’attendit pas et se précipita pour aller se plaindre à la Gendarmerie. Il revint plus tard avec une convocation. C’est ainsi que le Cheikh fut convoqué pour la première fois à la Gendarmerie.
Le second était à Kathiote, un village situé à 30 kilomètres de Kaffrine. Dans ce village des jeunes hommes aspirants au soufisme et à la connaissance de la gnose divine s’étaient regroupés et voulaient que leur guide l’éminent Cheikh Ahmed Dame Kâ leur fasse une traduction (tafsir) du Coran. Mais les dignitaires de ce village étaient foncièrement contre. Au moment où ces jeunes se sont regroupés pour écouter Cheikh Dame Kâ, les dignitaires accompagnés d’autres jeunes les ont attaqués avec des machettes, des gourdins, des bâtons et les ont frappés jusqu’à ensanglanter leurs habits. Ces jeunes qui étaient forts et qui pouvaient bien riposter, n’ont pas répliqués aux attaques qu’ils subissaient et ont continué à faire leurs zikrs à haute voix. Non satisfaits de les avoir humiliés, ces dignitaires sont encore allés se plaindre auprès du Commandant de la Brigade de Gendarmerie de Kaffrine, M. Mame Birame Senghor à l’époque qui était aussi un farouche opposant du cheikh. Ainsi le Commandant Senghor, après avoir été corrompu par les plaignants, fit arrêter ces jeunes et les mis en garde à vue dès leur arrivée à la brigade. Le Commandant de brigade demanda à Cheikh Ahmad Dame Kâ s’il avait une autorisation pour faire le tafsir du coran, ce dernier lui répondit que oui, il avait une autorisation de son
Cheikh. Mais M. Senghor lui fit comprendre qu’il parlait d’une autorisation administrative et Cheikh Dame Kâ que n’avait pas. Alors il lui demanda de payer 20 mille francs à titre d’amende et lui interdit de refaire le tafsir du coran à Kathiote. Les disciples sont restés en garde à vue pendant 24 heures sans manger ni boire. Mais durant toute leur a ils n’ont cessé de faire des zikrs et de louer le tout puissant. Quand Cheikh Hadi Ibrahima Niass fut informé de la situation, il appela le procureur à Kaolack pour qu’il intervienne en faveur de ces jeunes hommes. Et c’est ce dernier qui appela à Kaffrine pour les faire libérer. Donc c’est grâce à Cheikh Hadi Ibrahima Niass que ces disciples furent libérés. A leur sortie de la gendarmerie, ils se sont retrouvés avec Cheikh Hadi Ibrahima Niass chez Cheikh Abdou Barhama. Et ce fut la première visite de Cheikh Hadi Ibrahima Niass à Médina Baye Kaffrine.
Cheikh Abdoulahi Willane a eu beaucoup d’ennemis visibles ou invisibles, déclarés ou non déclarés qui ont tout fait pour le nuire avec tous les moyens à leur disposition. Alors que Cheikh Abdou Barhama ne disposait que de maigres ressources, mais il a été persévérant, il n’a jamais fléchi, n’a jamais abdiqué et est sorti grand vainqueur de toutes ces épreuves.
Selon feu Seydi Madimba Lô, grand commerçant à Kaffrine, qui était aussi un homme très sage et avisé. « Tous les grands commerçants qui étaient ennemis de Cheikh Abdou Barhama alors que ce dernier ne leur avait rien fait, tous ceux-là ont fini par voir leurs magasins tomber en ruine et leurs commerces s’effondrer. Ils ont tous eu une fin misérable ».

Les œuvres réalisées par Cheikh Abdou Barhama et ses disciple

C’est le 20/08/1977 que Cheikh Abdou Barhama a déménagé dans son quartier qu’il appela Médina Baye Kaffrine, et la même année, il créa le cercle maternel Nahnu ansarroullah (nous sommes les serviteurs d’Allah). Baye Mor Diané et Seyda Ndèye Thiam, que Dieu ait pitié de leurs âmes, en étaient les présidents, et Seydi Abdoulaye Diané, le trésorier.
Ce cercle était une organisation et un organe suprême qui regroupait tous les adeptes. Il tenait une réunion mensuelle qui durait toute une nuit animée de zikrs, de louanges et de précieux hadiths soufis remplis d’une grande sagesse. Les activités étaient cependant suspendues pendant saison des pluies pour permettre aux disciples de s’affairer aux travaux champêtres. Au mois d’octobre, se tenait la première réunion inaugurale de l’année. Elle était d’une grande envergure et rassemblait des gens
nostalgiques et heureux de retrouver les programmes du cercle. Cheikh Ibrahima Diaw et sa famille prenaient en charge tous les frais de cette réunion inaugurale et préparaient pour l’occasion un repas copieux. Par la suite, Cheikh Abdou Barhama a transféré ce rassemblement au domicile de son ami, le professeur Kâ Mabo pour lui en faire honneur. Changements effectués au sein du bureau d’organisation Le trésorier feu Abdoulaye Diané dont on se souvient toujours en raison de sa voix mélodieuse dans les zikrs, a été remplacé après son décès en 1987, par trois autres membres : Tafsir Babou Thiall, Baye Talla Diaw et Modou Bâ. Mais aucun de ces grands substituts n’avait su combler le vide qu’avait laissé feu Abdoulaye Diané à ce poste de trésorerie. Après un certain temps, la caisse a été de nouveau transférée à Serigne Boly Cissé, qui la gardait, et Ndiogou Willane de Ngouille, qui effectuait toutes les sorties d’argent dont le cercle avait besoin. Le poste de présidente fut aussi remanié suite au rappel à Dieu de Zeyda Ndèye Thiam, décédée le lundi 05/07/1982. Seyda Ndèye Thiam était une femme entièrement dévouée dans la voix du soufisme et dans l’organisation de ses propres affaires. Elle était d’une aide précieuse à Cheikh Abdou Barhama, telle qu’on pouvait comparer sa mission à celle que Harouna accomplissait pour le prophète Moussa. C’est pour son culte, que son nom est toujours soulevé dans l’histoire de l’organisation et des œuvres accomplies par Cheikh Abdou Barhama. Dieu lui a ainsi accordé une descendance noble et riche et parmi ses fils nous pouvons citer Seydi Mass Sall chez qui Abdou Barhama fait des séjours une fois à Dakar.
De plus, le président Baye Mor Diané a renoncé à son poste en raison de son manque de temps lié à son travail et à ses nombreuses occupations. Dans l’intérêt de la gestion du cercle, il suggéra à Cheikh Abdou Barhama de nommer Seydi Mor Lame comme président, et lui il devint le vice-président.
Peu de temps après Seydi Tafsir Borom Fass a été nommé au poste de président, et ce jusqu’à ce que le cercle soit dissout et réorganisé en de nouvelles structures appelés secteurs. Cette nouvelle organisation a eu à faire plusieurs réalisations dans différents domaines.
– Les Fonds : Le dahira avait un très gros fonds qu’il constituait avec les contributions annuelles des membres. Les hommes se devaient de verser 1500 Fcfa par tête, et les femmes, la moitié (750 Fcfa). Il était établi des lois internes parmi lesquels, s’acquitter des cotisations annuelles et assister à la réunion mensuelle, et le non-respect de ces chartes, pendant trois
années consécutives, conduisait à une expulsion du dahira. Le membre perd alors tout profit ou aide qu’il pouvait tirer de l’organisation. Au début de l’année, les membres du bureau se réunissent pour fixer un budget qui sera un moyen d’atteindre les objectifs annuels du dahira, sur la base de décisions prises avec Cheikh Abdou Barhama et rédigées par le secrétaire général. Cette feuille de route comprend les grandes lignes du budget, ainsi que les moyens et plans d’action à adopter pour atteindre les objectifs de l’année en cours. – Équipements : Le dahira a atteint ses objectifs de collecte de matériels, et s’est enrichi d’instruments nombreux et de divers matériels qui conviennent aux grands événements et cérémonies religieuses. Tous les habitants de la région de Kaffrine pouvaient en bénéficier, par location pour ceux qui ne sont pas membres du dahira et par emprunt gratuit aux membres qui s’acquittaient de leurs cotisations. Même les acteurs politique et membres du gouvernement venaient louer le matériel pour certaines de leurs animations. Et quiconque louait un matériel, se devait de laisser au trésorier, sa carte d’identité comme garantie. Et si un matériel en cours de location est perdu ou abimé, il en sera amendé contre quelque chose de similaire ou en paiera la valeur. Le dahira a également acheté en 1985 un taxi pour investir et apporter plus de profit à la caisse. Ce taxi était confié à Seydi Mor Niap comme chauffeur. L’une des réussites du dahira est l’achat d’un terrain où est construite aujourd’hui une villa dite Keur Baye Niass dans la cité de Médina Baye Kaffrine. Il a aussi acheté un cheval à Cheikh Abdou Barhama, cheval que le cheikh appela « Iniaas », prenant exemple sur Cheikh Al-Islam Elhadj Ibrahim, qui avait appelé son cheval « Tidiane » en référence à son guide Cheikh Ahmed Tidiane (qu’Allah sanctifie son précieux secret). En 1989, le dahira a acheté une voiture pour Cheikh Abdou Barhama, qu’il a appelé « Shawqu » (amour). Enfin, le15/01/1995, le dahira s’est doté d’une nouvelle voiture : « AlMadad ».

Les voyages de Cheikh Abdou Barhama

C’est en 2006 que Cheikh Abdou Barhama est allé au fouta pour la première fois, il y a fait une tournée très productive. Et depuis cette date Cheikh Abdou Barhama y fait une tournée annuelle. La tournée devient de plus en plus grande ; et de ce fait il y a ouvert une école coranique. Seydi Abdourahmane Willane fut envoyé comme enseignant dans cette école mais aussi comme guide et éducateur pour mettre les jeunes sur le droit chemin.
Ainsi la propagation de la fayda y est de plus en plus répandue et maintenant on y dénombre trois dahiras de Cheikh Abdou Barhama (dahira Rouhoul Addab Thiarène, dahira Nouroul Bachar Ndouloumadji, dahira Nouroul Bachar Liw). Cette propagation s’étendit dans tout le Sénégal et la Gambie ainsi qu’en guinée Conakry. Cheikh Abdou Barhama est allé en guinée Conakry en 2016 sur invitation de ces disciples guinéens qui étaient à Médina Baye Kaffrine pour apprendre le coran et la langue arabe.

Organisation et gestion des dahiras (associations)

En 1990 Cheikh Abdou Barhama organisa la première édition d’une compétition regroupant tous les dahiras pour évaluer leur travail à la fin de chaque année. Ainsi il mit sur place un comité chargé d’évaluer les dahiras et de désigner le vainqueur. Il choisit  Oustaz Babacar Ndao comme président de ce comité et Oustaz Baye Goudiaby comme adjoint. Mais en 1994 il y eut des divergences concernant ce comité  ce qui conduit à une année blanche de la compétition.

C’est ainsi que Oustaz Babacar Ndao a été remplacé à la présidence de ce comité par Oustaz Mouhamad Amadi Thiam. Mais ce dernier ne dirigea ce comité qu’une seule année  à cause d’un emploi du temps personnel trop chargé. Il fut ainsi remplacé par Oustaz Gora Top qui était beaucoup plus disponible avec Oustaz Djiby Ndiaye comme adjoint.

Ces sous-sections « ikha » demeurent jusqu’à présent ce sont juste leurs noms qui ont changé, à l’exception de la sous-section de Rouchdi. Ainsi, Cheikh Abdou Barhama dénomme ces sous-sections (ikha) par les noms de livres écrits par Cheikh Ibrahima Niass. En 1990, plusieurs changements furent effectués sur leur mode de fonctionnement :

Premièrement : la sous-section Aïmane (ikha Aïmane) qui regroupait les localités de Médina Baye Kaffrine, Ngouye et Santhie Galngoné fut dirigé par Seydi Talla Willane. En 1999 la sous-section fut dénommée Faydoul Ahmadi (ikha Faydoul Ahmadi). Par la suite la fédération a été créée, Seydi Talla Willane fut nommé président de cette dernière et Seydi Ibou Willane le remplace au sein de la sous-section Aïmane (ikha Aïmane).

Deuxièmement : la sous-section Maïmana (ikha Maïmana), qui regroupait les villages de Diatta Fakha, Mbeleup et Dagga Balla, fut dirigée par Seydi Ibrahima Mbengue. En 1999, son nom fut changé par celui de Nouroul Rabbani. Elle est dirigée actuellement par Seydi Ousseynou Diouf et son adjoint est Seydi Ahmed Signane.

Troisièmement : la sous-section Youssra (ikha Yousra), qui regroupait les villages de Diaklé, Ndougoubène et Thiallène, qui était dirigée par Seydi Mass Willane, fut remplacé Seydi Tafsir Dieng.

Quatrièmement : la sous-section Khourraba (ikha Khourraba), qui regroupe les villages de Ndiognik, Keur Ousmane, Dioussoume et Wèyendé, était dirigée par Serigne Dame Kâ (paix à son âme) du village de Dagay Ndéné, par la suite il fut remplacé par Seydi Mor Willane (paix à son âme) après son décès survenu le 28 janvier 1993. Cette même année marque aussi le changement du nom de la sous-section par celui de Boushra (ikha Boushra) qui est actuellement dirigé par Seydi Haly, il fait partie des hommes les plus éminents de la fédération.

Cinquièmement : la sous-section Rousdi (ikha Rousdi), qui regroupait les villages de Toune Djouma et Gainth Peuhl, fut dirigée par Seydi Modou Niang et son adjoint était Oustaz Babacar Signane. Quelque temps après ses activités se sont arrêtées.

Sixièmement : la sous-section Salam (ikha Salam) qui regroupait les villages de Kathiote, Darra, Keur Malick, Kattakel et Mboffi, elle est appelée aujourd’hui la sous-section Diallalou Soudor (ikha Diallalou Soudor). Elle fut dirigée par Seydi Saloum Willane (paix à son âme), remplacé après son décès survenu le 19/09/1993 par Seydi Ibou Diarga (paix à son âme). C’est Seydi Omar Seuttou Willane qui occupe finalement la présidence suite au rappel à Dieu de Seydi Ibou Diarga le 04/03/2013.

Ces sous-sections sont le berceau de la fayda tidjianiya à Médina Baye Kaffrine ; elles constituent une petite et rare communauté qui était avec Cheikh Abdou Barhama depuis l’aube de son appel. Nous nous souviendrons de leurs notables un par un, si Dieu le veut, car étant presque des martyrs ayant vécu toutes sortes de difficultés et surmonté d’innombrables obstacles. Quelques-unes de ces difficultés ont été évoquées au début de ce document. Les membres de ces sous-sections furent les premiers à avoir acheté un cheval, puis une voiture (en 1989) à Cheikh Abdou Barhama pour lui faciliter le transport, alors qu’à cette époque ils avaient du mal à joindre les deux bouts. Même le prix d’un poulet leur était d’une grande difficulté. Ce sont aussi eux qui ont initié le gamou d’Isra et Mihraj commémorant le départ du prophète (psl) de la Mecque vers la Médine. Cet événement était animé par Cheikh
Muhammad al-Hadi, et était d’une ampleur qui dépassait tous les autres gamou à cette époque, à l’exception de celui de Médina Baye à Kaolack. C’est cette même génération de disciples qui a acheté l’espace où est aujourd’hui construite la villa de Baye Niass à Kaffrine. Ils avaient également entrepris pour Cheikh Muhammad alHadi un champ d’exploitation agricole, ils y effectuaient un travail de dur labeur. Il n’y avait pas un seul jour de repos et ils travaillaient la plupart du temps, les nuits. Ils ne se souciaient guère de tous les dangers qui pouvaient les guetter tels que la cime des arbres, l’épaisseur des mauvaises herbes, les terriers de serpents et les sentiers de scorpions. Tout le travail était abattu avant l’aube, au rythme de zikrs et de salatoul fatihi. Dans cet étrange et rare état d’âme, nous pouvons donner l’exemple de Ndiancko Signane qui, une nuit, fut piqué par un serpent venimeux et n’a reçu aucun soin ni traitement ; il s’écria tout simplement Baye m’a piqué puis continua son travail. Les activités éducatives ont vu le jour avec cette première génération de disciples, par l’ouverture d’écoles et d’instituts scolaires. Les écoles étaient ouvertes à tous, mais à cette époque, seuls leurs enfants y étudiaient, parce que les gens nourrissaient beaucoup de haine envers les disciples de Cheikh Abdou Barhama. Ils les dédaignaient, les accusant de s’écarter de la voie droite et de commettre des péchés. En résumé c’est cette première génération qui bâtit le socle de fayda Tidjaniya à Médina Baye Kaffrine malgré les moyens précaires et les nombreuses difficultés. Félicitations à eux, nous leur rendons un vif hommage !
Par la suite, la portée du dahira s’est élargie et d’autres sous sections ont été établies comme suit : 1 – Création du Moukhsilina (les bienfaiteurs) en 1991 dans la commune de Nioro du Rip. Moukhsilina fut finalement appelée Rouhoul Hibbi (l’esprit d’amour) et dirigé depuis sa création par Cheikh Saloum Manka. Cette fraternité, avant de rejoindre Cheikh Abdou Barhama, appartenait à Cheikh Muhammad al-Hadi ibn Sheikh al-Islam, qui a lui-même voulu cette fusion pour une bonne marche des activités de la sous-section. Et lorsque la fraternité s’est développée et s’est agrandie, Cheikh Abdou Barhma l’a réorganisée en 2019, en quatre sous-sections : Sabilou salam qui regroupe les villages de Keur Babou Ngoné et Keur Sète, est présidé par Cheikh Saloum Manka ; Irsadou Saarine des villages de Ndiawara, Ndianguéne, Falifa et Keur Samba Kouta ; Rouhoul eudeup, dirigé par Cheikh Mass Diagne, comprend les villages
de Keur Diatta et Manka Kounda ; et Toukhfatoul atfaal dirigé par Djim Diané, rassemble Ndiba ndiayéne et le village de Jiguimar et ses environs. 2 – Ikha Mouslikhina (Fraternité des réformateurs) a été créée en 1993 et comprenait les localités de Nioro et Ndimb. Ce secteur fut dirigé par Cheikh Bachir Cissé puis par Cheikh Modou Sakho avant d’être subdiviser en six sous-secteurs. Eux aussi ont été d’un grand apport dans l’expansion des écoles. 3 – Seyroul halbi à Tambacounda est mis sur pied en 1996, à la suite de l’invitation de Serigne Aliou Kamara (que miséricorde soit sur lui) à Cheikh Abdou Barhama en 1994. Cheikh Moussa Cissé dirigea la structure jusqu’à son départ pour Kaolack en 1997. Seyroul halbi fut par la suite confié à Abdoulaye Thiam, un homme intelligent, généreux et pieux. C’est en 2002 que cheikh Abdou Barhama a renouvelé le bureau et l’a nommé « Fédération Seyroul Khalbi ». Et, après le décès de Seydi Abdoulaye Thiam le 04/08/2014, Seydi Omar Mboup fut choisi comme président. Le cheikh y a créé un daara pour la mémorisation du coran. Ce dahira crée par Cheikh Abdou Barhama a donné naissance à plusieurs dahiras nommés ci-dessous : Dahira Vélingara dirigé par Seydi Mara Mar en 2003 Dahira de Diaobé Dahira de Kolda dirigé par Seydi Abdoulaye Kouta Dahira de Goudiry crée en 2005 grâce aux efforts de Seydi Barhama Diouf Dahira de Kidira crée en 2007 grâce aux efforts de Cheikh Omar Mboup et Seydi Pape Mboup Dahira de Bakel dirigé par Seydi Diankha Dahira de Daadi crée en 2006 Dahira de Seydi Serigne Ndiaye Dahira de Koumpentoum crée en 2009 Dahira de Kédougou Parmi les objectifs de la section de Tamba nous pouvons noter les suivants : – Redresser et unifier tous les talibés ; – Organiser des rencontres religieuses de grande ampleur dans ces localités ; – Participer à l’expension de la fayda tidiane ; – Appeler et convertir les gens à la religion musulmane (parmi les convertis on peut citer Ya Amy Baye Tamba et un homme appelé Insa et un autre que Cheikh Abdou Barhama a donné le nom d’Ibrahima le 11/08/2002)
– Prendre soin d’orphelins, les éduquer et leur donner du savoir avant de les remettre à leurs familles une fois qu’ils deviennent majeurs.

Cette fraternité s’est distinguée par ses efforts remarquables, avec à sa tête, un chef assidu, Cheikh Saloum Manka, un soufi au vrai sens du mot. Cheikh Saloum Manka agissait avec beaucoup de courage dans la mise en œuvre des recommandations du cheikh, il avait pour seul objectif, le développement du groupe et ne craignait aucun risque ou reproche qu’on pouvait lui faire allant dans ce sens. Il était appuyé par Cheikh Aliou Manka qui était le moukhadam de ladite structure. Leurs efforts remarquables, ont été récompensés par leur rang de premiers dans les compétitions générales de toutes les sous sections en 1993 et aussi dans l’année suivante, 1994. Également, dans le domaine du savoir, nul ne pouvait les concurrencer, ils ont même eu à ouvrir une école à Keur Babou Ngoné. Á cette époque, Rouhoul hibbi n’était constitué que de jeunes disciples n’ayant pas d’enfants, mais pour leur désir de développer la localité, ils ont mis sur pied cette école, ouverte à tous les enfants quelques soient leurs appartenances sociales et religieuses. Ils effectuaient des parrainages pour les enfants démunis et chaque membre se proposait de prendre en charge les frais de scolarité de ces enfants. Ainsi, grâce à eux, les écoles ont étendu leurs horizons, et l’enseignement et la culture arabe s’est répandue d’une manière sans précédent dans la zone.

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